► ► Livres
Bilan des lectures Calendrier des parutions Chroniques Livres Chroniques Mangas Cover reveal Infos livresques In my Mailbox Jeux livresques Lectures communes Lire en VO Mes Conseils livresques Rendez-vous littéraires Sommaire des chroniques
► ► Musique, Séries & Cinéma
Critiques cinéma Critiques musicales Critiques séries Sommaire général
► ► Hello World
Hello Japan Rencontres extraordinaires Salons & Dédicaces
► ► Graphisme
Coulisses de mes créations
► ► Mirrorcle World
Anciens designs Concours Les Binômes Les blogs à visiter Mes chroniqueuses Qui suis-je?
► ► Autres Rendez-vous
Autour du blog Booktube Challenges & Tags Dear Friends Lifestyle
mercredi 19 juin 2019

Le roi serpent de Jeff Zentner

9782266283533ORI

  • Nom: Le roi serpent de Jeff Zentner
  • Lu en: français
  • Pages:  400 pages
  • Sorti le: 7 février 2019
  • Editeur: PKJ
  • Tome Unique

Dill ne nourrit aucun espoir quant à sa vie future : après la fin du lycée, il travaillera – c’est sûr – à temps plein dans le supermarché du coin pour subvenir aux besoins des siens. Lydia, sa meilleure amie, s’envolera pour New York et l’oubliera vite. Il s’interdit de s’imaginer un avenir meilleur, car le sort semble s’acharner sur sa famille, où deuils et scandales se succèdent. Dill cherche même à étouffer la petite étincelle d’espoir allumée par Lydia. Mais, petit à petit, la vie reprend ses droits et le jeune homme se laisse tenter par le rêve d’une vie plus belle, ailleurs. Son destin sinueux lui prouvera que les nouveaux départs sont possibles et qu’ils sont aussi synonymes de fin. Car, pour muer et enfin se trouver, il faut accepter bien des sacrifices…

 

Le roi serpent m'a au tout début de ma lecture, laissé perplexe. Je ne savais rien de l'histoire, n'avais pas lu la quatrième de couverture et avec le titre, je m'attendais à de la fantasy ou du moins du fantastique. En fait rien à voir, Le roi serpent s'inscrit dans un contexte contemporain et l'on suit trois adolescents en classe de Terminale.

Sincèrement, j'éprouve de moins en moins l'envie de lire ce genre de récit parce que tout se ressemble : l'amour, l'avenir, la fac... mais ici, passé la rencontre des personnages, l'auteur s'intéresse plus au contexte social, au déterminisme social... et les personnages de Dill et Travis me sont apparus sous un jour nouveau. Il sera bien question d'un roi serpent en lien avec l'extrêmisme religieux du père de Dill, pasteur pentecôtiste en prison. D'ailleurs le passage sur l'histoire familiale de Dill est captivant et le titre est enfin expliqué d'où le lien.

Avec un début un peu difficile, j'ai enfin réussi à m'attacher aux personnages : trois adolescents bourrés de rêves, d'envies, d'espoir, de volonté qui se préparent à leur avenir. Si pour Lydia, c'est facile sachant déjà quelle voie elle envisage et quelle fac elle veut aller, Dill porte un lourd héritage, un père en prison et une histoire familiale compliquée, et Travis doit affronter les colères d'un père alcoolique et violent suite au décès de son frère aîné. Lydia va essayer de les aider mais dans sa tentative de les convaincre, elle est égoïste et ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Elle ne regarde que le but sans comprendre que Dill et Travis sont contraints à des problèmes d'argent ou de choix familiaux ou tout simplement de choix de vie. Comme si ils avaient le choix, alors que non.

On navigue dans du young adult contemporain lourd et triste avec une alternance des voix pour suivre les pensées de chacun et des scènes dramatiques qui m'ont pris au coeur. Surtout au niveau de certains mots, durs à entendre pour un adolescent. Pour Dill, c'est le poids de la religion de ses parents qui l'entrave alors que pour Travis, c'est la survie et le besoin de ramener de l'argent au foyer malgré un père violent.


En bref, émotions et espoir se heurtent dans un final en demi teinte, mais dont le message reste lumineux et plein de courage. Une chouette lecture qui reste une belle surprise, malgré la dureté de certains propos et le tour dramatique que prend le milieu du roman.

chronique_lael


mercredi 29 mai 2019

Aurora Rising de Amie Kaufman & Jay Kristoff

aurora_rising

  • Nom: Aurora Rising de Amie Kaufman & Jay Kristoff
  • Lu en: anglais
  • Pages:  470 pages
  • Sorti le: 6 mai 2019
  • Editeur: Allen & Unwin
  • Premier tome d'une trilogie

The year is 2380, and the graduating cadets of Aurora Academy are being assigned their first missions. Star pupil Tyler Jones is ready to recruit the squad of his dreams, but his own boneheaded heroism sees him stuck with the dregs nobody else in the Academy would touch… A cocky diplomat with a black belt in sarcasm A sociopath scientist with a fondness for shooting her bunkmates A smart-ass techwiz with the galaxy’s biggest chip on his shoulder An alien warrior with anger management issues A tomboy pilot who’s totally not into him, in case you were wondering And Ty’s squad isn’t even his biggest problem—that’d be Aurora Jie-Lin O’Malley, the girl he’s just rescued from interdimensional space. Trapped in cryo-sleep for two centuries, Auri is a girl out of time and out of her depth. But she could be the catalyst that starts a war millions of years in the making, and Tyler’s squad of losers, discipline-cases and misfits might just be the last hope for the entire galaxy.

 

Note: Si vous êtes curieux, voici les fiches des personnages illustrées! 

Comme je suis heureuse d'avoir découvert ce livre! Je l'ai trouvé à la hauteur de cette sublime couverture, qui promettait une histoire passionnante parmi les étoiles. Kaufman et Kristoff confirment ici combien ils sont doués ensemble.

Aurora Rising vous fera peut être penser à Six of Crows dans l'espace, avec son squad 312 composé d'un petit groupe de jeunes gens, embarqué malgré lui dans une impossible quête de sauver la galaxie. C'est peut être vieux comme le monde, mais ce scénario est efficace, tenant en haleine le lecteur du début à la fin. J'ai adoré comment les auteurs ont fait progressé leur histoire, nous présentant d'abord chaque personnage, sa personnalité et son rôle au sein de l'équipe. Que ce soit Tyler, Scarlett, Cat, Kal, Zila ou Finian, tous ont un caractère bien développé et tous sont agréables à suivre.

Et puis il y a Aurora, cette jeune fille que l'on retrouve 237 ans après son départ dans l'espace pour rejoindre la colonie Octavia III. Le personnage clé selon moi, autour duquel toute l'intrigue gravite. Et ça fonctionne, on reste curieux concernant cette Terrienne qui semble cacher de bien étranges pouvoirs...Que fait-elle là, quel est son rôle? C'est un peu tout l'enjeu du livre et je peux vous dire que c'est passionnant.

J'ai réellement aimé ce roman, cette alternance de point de vue, la dynamique de l'histoire qui ne s'essouffle jamais, la découverte du danger... je n'avais rien vu venir et rien que pour ça je trouve que les auteurs ont fait de l'excellent travail, dosant leur récit avec brillance. Tantôt axé sur l'action, tantôt sur l'émotion, Aurora Rising est écrit avec efficacité.

Un premier tome extrêmement solide, qui présage une suite tout aussi excellente, tant le monde est vaste et les possibilités infinies. Amateurs de science-fiction, d'action, je ne peux que vous conseiller cette petite merveille.


En bref, un must read pour tous les fans de science-fiction YA qui apprécient le travail de ces deux auteurs. Aurora Rising a un petit goût de Six of Crows dans l'espace et je peux vous dire que ça fonctionne à merveille! J'ai adoré chaque personnage, découvrir les différentes espèces, voyager parmi les étoiles et être embarquée dans une histoire passionnante. L'intrigue m'a tenue en haleine tout le temps, n'offrant aucun répit. Un vrai régal.

mardi 28 mai 2019

De Sang et De Rage de Tomi Adeyemi

9782092583654

  • Nom: De Sang et De Rage de Tomi Adeyemi
  • Lu en: français
  • Pages:  560 pages
  • Sorti le: 2 mai 2019
  • Editeur: Nathan
  • Premier tome d'une trilogie

Il fut un temps où la terre d'Orïsha était baignée de magie. Mais une nuit, tout a basculé, le roi l’a faite disparaître et a asservi le peuple des majis. Zélie Adebola n'était alors qu'une enfant. Aujourd'hui, elle a le moyen de ramener la magie et rendre la liberté à son peuple ; même si face à elle se dresse le prince héritier du trône, prêt à tout pour la traquer. Dans une Afrique imaginaire où rôdent les léopardaires blancs et où les esprits ont soif de vengeance, Zélie s'élance dans une quête périlleuse…

 

Attention pépite!!! J'ai été totalement emballée par ma lecture et j'ai frôlé le coup de coeur ! On entre dans un univers riche, immersif et totalement addictif. La culture africaine et les références religieuses notamment aux orishas, est très prenant et omniprésent. S'il s'agit d'un tome introductif, je peux vous dire qu'il est brillamment réussi tellement l'intrigue, les rebondissements et la psychologie des personnages y sont travaillés et maîtrisés. 

 Tout est superbement mis en place : de l'intrigue aux personnages en passant par les décors et tout le background historique sur les pouvoirs magiques et l'histoire du peuple Maji. Zélie va suivre une quête identitaire mais aussi initiatique et affronter l'héritage de tout un peuple qu'elle va porter sur ses épaules. Au début, fragile et vulnérable de par sa colère et sa haine envers la famille royale qui a assassiné sa mère et les majis, elle devient forte et s'affirme au fur et à mesure que se révèlent ses pouvoirs.

La manière dont s'enchaîne l'action, les rebondissements et les révélations fait que l'on a plus envie de lâcher le livre tellement il se passe de choses. Le roman ne manque vraiment pas de souffle épique, d'héroïsme et de dynamisme. L'intrigue dense et les personnages à la personnalité affirmée font que l'on passe un excellent moment de lecture, complètement envoûtant et addictif, et d'une certaine manière, tout est lié. J'ai aimé la complexité des relations entre les personnages qui se cherchent et se révèlent au contact des autres. 

On voit également dans De sang et de rage, un hymne contre l'injustice et le racisme... alors certes on y évoque l'oppression de tout un peuple mais rappelons qu'ici chaque personnage est d'origine africaine et que c'est un roi africain et noir qui opprime un peuple de majis noir... doit-on forcément tout ramené à cette polémique du racisme parce que c'est la grande tendance!!?? Je ne sais pas. Moi en tout cas j'y ai vu un combat plein d'énergie, de force, d'amour et d'espoir, de détermination, de courage pour libérer un peuple du joug de l'obscurantisme et de la tyrannie d'un homme. Un combat pour l'injustice oui et la révolte d'un peuple, qui nous emporte dans son sillage.

Le côté fantastique n'est pas en reste loin de là. Entre bestiaire légendaire de créatures incroyables tels que les léopardaires, le coeur palpitant et mystérieux d'une jungle africaine, la description époustouflante des sorts majis, des rituels et du pouvoir qui prend vie chez Zélie, les rêves de Inan... le fantastique est ici riche d'onirisme et de charisme. J'ai adoré !   


En bref, une lecture surprenante et efficace, incroyablement vivante et vibrante de fougue!! Un combat acharné pour la liberté d'un peuple et la libération de la magie ancestrale. Le cadre est envoûtant et soigné et les croyances, les références à la culture des tribus africaines sont riches. L'alternance des personnages entre les chapitres participe grandement à cet engouement, car ils nous permettent de connaître en profondeur tous les personnages présents et ainsi de s'attacher avec passion à chacun d'entre eux, je n'ai été déçu par aucun d'entre eux et chacun m'intéresse. J'ai vraiment hâte de lire la suite !

chronique_lael

vendredi 24 mai 2019

Ma vie cachée de Becca Fitzpatrick

vie_cachee

  • Nom: Ma vie cachée de Becca Fitzpatrick
  • Lu en: français
  • Pages:  432 pages
  • Sorti le: 19 octobre 2017
  • Editeur: Pocket Jeunesse
  • Tome Unique

Témoin d'un meurtre, Stella est placée sous protection en attendant le procès. Elle se retrouve catapultée au milieu de nulle part, dans le Nebraska, sous une fausse identité. Son ancienne vie lui manque atrocement, surtout son petit ami, Reed. Elle refuse de reconstruire quoi que ce soit, persuadée que sa nouvelle situation en va pas durer. Mais lorsqu'elle rencontre Chet, il lui est difficile de ne pas sourire... et de garder pour elle son terrible secret.

 

Je me souviens d'avoir eu un magnifique coup de coeur pour un thriller de Becca Fitzpatrick, The Black Ice qui était génial!! J'ai Ma vie cachée dans ma PAL depuis sa sortie, il était temps de le sortir grâce à La fille qui lit qui m'a bien motivé.

Ce thriller YA n'a rien d'exceptionnel. Nous suivons Stella, anciennement Estella qui a été témoin d'un meurtre, d'une sale affaire qui l'a conduit direct à être placée sous la protection du gouvernement. Elle doit changer de ville, de nom et ne plus communiquer via les réseaux sociaux, internet, téléphone ou mail. Sa mère est en cure de désintoxication.

Autrement dit, ce n'est pas la joie mais lorsqu'elle arrive dans le Nebraska avec sa nouvelle identité, Stella est exécrable. Capricieuse, égocentrique, égoïste, peu mature et toujours de sale humeur. On se demande même comment Carmina, ancienne flic à la retraite peut la supporter et pourtant elle va apporter à la jeune fille un cadre et des règles à suivre. La première, se trouver un job d'été...

Progressivement alors que nous plongeons dans une ambiance très clandestine, celle d'une jeune fille qui doit se cacher avant un procès qui engage sa vie face à un gros trafiquant de drogue, une adolescente qui rêve d'une vie normale mais qui reste ancrée dans son passé, parce qu'elle est amoureuse de son petit ami Reed. Elle a du mal à se lâcher et ça se comprend. Au tout début je ne l'aimais pas mais petit à petit j'ai aimé son petit air rebelle.

Dès lors qu'elle va commencer à travailler, à fréquenter Chet, à le découvrir et à défendre des choses justes, je l'ai adoré. C'était pourtant mal parti mais elle ne va pas hésiter à entrer en conflit avec un salopard de première Trigger McClure. Il terrorise tout le monde, fait son fier et est clairement impliqué dans des affaires louches mais comme il est le fils d'un grand avocat, on ne s'en prend jamais à lui, sans compter les fils corrompus qui le protègent.

Stella est hors d'elle et va tout tenter pour faire justice elle-même, à son détriment... Sur 400 pages, j'ai envie de dire qu'il ne se passe pas une tonne de choses et qu'on est plongé dans un thriller tout à fait classique, peu original. Mais l'ambiance est bizarre car l'auteure nous met sur la voie d'un autre danger alors que l'on sait que le vrai danger est ailleurs et que tout le long de la lecture on se demande quand il va tomber. Parce que ce n'est qu'une question de temps avant que Stella soit retrouvée par les hommes de celui qui la menace.

Donc on nage dans une ambiance sous-jacente de dangerosité, de secret à cacher sans savoir quand ça va lâcher et parfois c'est long. L'auteure introduit une romance entre Stella et Chet, mignonne mais pas assez originale à mon sens d'où certains passages peu exaltants, entre les états d'âme de Stella, ses espoirs, ses envies et ce qu'elle vit au Nebraska.


En bref, une lecture sympathique mais qui ne m'a pas transcendée. J'ai passé un bon moment et j'étais quand même prise par l'intrigue et par les personnages auxquels on finit par s'attacher. Le final est vraiment prenant et addictif, un peu plus efficace mais le reste du roman est plus lent. Une bonne lecture quand même, mais je m'attendais à un autre coup de coeur donc je reste sur ma faim. 

chronique_lael

vendredi 10 mai 2019

Cendres de Johanna Marines

cendres-1175971

  • Nom: Cendres de Johanna Marines
  • Lu en: français
  • Pages:  407 pages
  • Sorti le: 4 avril 2019
  • Editeur: SNAG
  • Tome Unique

Londres, East-End, 1888, ère industrielle. C'est dans ce quartier malfamé que vivent Nathaniel et sa soeur de rue, Luna. Lui, sillonne les rues à la tombée de la nuit. Elle, est une voleuse hors pair. Mais un soir, lors d'une énième tournée, le jeune homme fait une macabre découverte. Des rues sombres de la capitale en passant par un manoir victorien luxueux... De soirées mondaines où le diamant est roi aux tavernes miteuses où l'opium circule dans les veines...

 

Londres, 1888. Agathe, jeune femme courageuse et un brin naïve est embauchée comme parurière chez les Henwoorth. Un poste bien particulier puisqu'il s'agit d'afficher des bijoux de valeur lors de bals mondains afin d'attirer les clients. Mais on sait peu de choses sur l'ancienne parurière et surtout pourquoi elle a disparu sans un mot. Le fils aîné de la famille, Archibald est d'ailleurs étrange et adopte une attitude plus ou moins équivoque envers Agathe qui ne sait pas trop comment réagir.

Lors d'une soirée, Agathe rencontre Luna, une voleuse de talent qui lui vole la parure mais ayant pitié d'Agathe, elle la sauve d'une fâcheuse situation et la conduit chez son frère, Nathaniel Depford. Ce dernier est allumeur de réverbères et ce même soir, il découvre le cadavre déchiqueté d'une jeune femme. Ces trois personnes vont être liées par le destin...

Cendres a été annoncé comme un roman YA à la lisière de plusieurs genres littéraires : thriller, roman historique et accents steampunk. Franchement je ne pouvais qu'être séduite, surtout que j'aime énormément SNAG et qu'après quelques loupés, j'avais vraiment envie d'avoir le coup de coeur pour l'une de leurs publications.

Et ça y'est j'ai frôlé la perfection avec ce titre et je suis conquise par l'écriture efficace et addictive de Johanna Marines. L'entrée en matière est excellente : des rues sombres, des meurtres sauvages, un Londres un brin gothique noyé sous le smog, très steampunk alliant inventions mécaniques et un mystère à la Jack L'Eventreur. Ce roman, et son ambiance, la manière dont il se déroule et où tout s'enchaîne, comment les personnages se croisent m'a rappelé le roman Autopsie Whitechapel de Kerri Maniscalco. 

Du suspense, du thriller, une bonne dose d'adrénaline, la disparition de Luna, une enquête malmenée  et plus d'un mystère à résoudre, tout y est. Bref je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, j'ai adoré le rythme savoureusement entretenu par l'intrigue qui mêle personnages, faits et lieux. L'écriture est volontiers immersive, habilement entretenue et nous tient en haleine de bout en bout. J'ai tout aimé : les personnages et leur psychologie, le jeu du chat et de la souris avec cet Archibald qui a un côté troublant, la volonté de Nathaniel et son inquiétude légitime et tout ce que l'auteure apporte comme éléments à son univers, notamment tout ce qui est inventions : la drogue S, les oiseaux métalliques servant à envoyer des courriers, les chevalomatiques qui remplacent les diligences. Encore!! Encore!!!

J'aurais aimé encore plus de ces inventions pour apporter encore plus d'originalité et de consistance à son intrigue. C'est terriblement efficace et j'ai lu ce roman d'une traite, je n'avais pas envie de le lâcher. J'ai aimé aussi que l'auteure aille droit au but, sans pour autant nous noyer d'informations et en utilisant l'alternance des personnages. La fin est tout aussi excellente et cet opus est le premier d'une série, j'ai mordu à l'hameçon et je veux la suite. J'ai adoré la fin mais quelque chose m'a chagriné, un léger détail dont je ne peux vous parler ici mais qui m'a gêné. Et c'est ce qui fait que je n'ai pas eu le coup de coeur. Une histoire parfaitement imaginée, divertissante, surprenante et dont la fin dévoile une vérité inattendue. Avec Cendres, Snag m'apporte enfin tout ce que j'attendais. 


En bref, des personnages attachants, énormément d'éléments efficaces et un mélange de registre très réussi, qui apporte ici une ambiance tout en tension et pleine de mystère, de l'action, de l'adrénaline et du stress. L'intrigue est subtile et intelligente, je ne m'attendais pas à plusieurs rebondissements bienvenus mais le dénouement fut trop court. L'écriture est maîtrisée et tout s'enchaîne à la perfection. J'ai passé un excellent moment. Le rythme est bon, sacrément palpitant et promet de belles heures de lectures ! 

chronique_lael


mercredi 8 mai 2019

Tiny Pretty Things de Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton

tiny

  • Nom: Tiny Pretty Things de Sona Charaipotra & Dhonielle Clayton
  • Lu en: français
  • Pages:  453 pages
  • Sorti le: 2 mai 2019
  • Editeur: Hachette Romans
  • VO: paru sous le nom Tiny Pretty Things en mai 2015
  • Premier tome d'une duologie

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York. Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l'année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l'école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu'elle ne soit pas la meilleure. June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l'éternelle doublure. Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la danse. Et les choses vont empirer... jusqu'au drame.

 

Tiny Pretty Things ou l'univers impitoyable de Dallas, de la danse !! raconté par trois adolescentes, danseuses à l'école du Ballet de New-York. Gigi, l'étoile montante, Bette la jalouse et June la battante. Lorsque Gigi la seule danseuse noire et nouvelle en plus vient d'être choisie pour incarner le rôle vedette du premier ballet de l'année, ça fait un tolé dans l'école et Bette, jalouse va élaborer une petite vengeance. Alors qu'elle était la ballerine préférée de l'école, Bette a surtout du mal à accepter de ne plus être au centre de l'attention des professeurs et de son petit ami. June quant à elle, d'origine coréenne, en a marre d'être reléguée au rand de doublure. Pressions, rivalités, coups bas, jalousies et trahisons, Tiny Pretty Things explore les bas fonds de l'univers de la danse, où tous les coups sont permis pour obtenir sa place sur le devant de la scène...

J'ai peu lu de romans qui se passent dans l'univers de la danse, seulement La danse des ombres que j'avais adoré et qui était hyper original mais qui ne traitait pas des relations au sein des danseuses. Alors j'étais curieuse de lire ce titre surtout que l'équipe a fait un superbe travail de promo dessus et que forcément cela donnait envie de le lire ! La curiosité prenant le dessus, je n'ai pas mis longtemps à le sortir de ma pile. Je dois dire que après coup, je ne suis pas hyper enthousiaste et emballée par ce titre mais la fin était tellement dingue et géniale que j'ai envie de connaître la suite.

C'est là tout mon drame!!!Parce que je n'ai pas accroché à certains personnages mais que j'ai beaucoup aimé Gigi même si elle est un peu psycho-dramatique et un peu trop timorée à mon goût, elle reste la plus gentille des trois protagonistes et selon moi la plus honnête. Car mes lecteurs!!! on va tomber dans un univers complètement fou et mesquin, où je me suis désespérée de voir tant de jalousies, de rivalités, de trahisons, de méchancetés... Alors oui nous sommes en plein dans une sorte de Little Pretty Liars mais arrêtons là la comparaison parce que dans Tiny Pretty Things c'est du niveau de maternelle ou collège. Le récit en alternance des trois voix est plutôt sympa à suivre mais mon dieu que de gamineries et d'immaturité pour un univers qui demande quand même un minimum de responsabilités et de sérieux, de sacrifices et de réflexions !

On est à fond dans la compétition et tout tourne autour de "je serais la plus belle/ meilleure pour aller danser". Chamailleries, disputes, sournoiseries et psycho-drames viennent un peu surcharger l'intrigue qui se veut pleine de suspense. Mais ce n'est un scoop pour personne que Bette est dans tous les coups... mais finalement on va s'apercevoir que non. Ce qui nous tient en haleine ce n'est donc pas les personnages à proprement parler mais jusqu'où les danseuses vont aller pour se venger et gagner la partie. On est plus dans un univers de danse mais sur un ring de boxe !!!

Le roman aura le mérite de retranscrire à la perfection ce que peuvent être les sentiments de jalousie, l'ambiance tendue et stressante dans lequel évolue les personnages et toutes les problématiques du corps, de la minceur, du poids, des apparences. Comment la jalousie peut-elle déclencher des comportements à risque et dangereux, voire totalement extrêmes ? Pour moi, Gigi et June ont de réels problèmes, entre la thématique de la maladie cardiaque pour l'une, et les conflits familiaux pour l'autre. Mais Bette, mon dieu qu'elle m'a énervé celle là !!

En tout cas les auteures ne nous épargnent rien de leurs états d'âme et on prend plein la vue. J'ai toujours du mal à cerner June mais c'est l'héroïne qui m'a le plus bluffé par son évolution psychologique. Quant à Bette, elle n'est pas toujours la coupable que l'on croit et on peut avoir quelques surprises dans ce premier volume. 


En bref, une lecture agréable donc mais dont le potentiel addictif m'a été gâché par ce poids lourd des mesquineries. Il n'y a pratiquement que de ça et franchement ça m'exaspère. Cela alourdit l'ambiance déjà tout en tension mais le suspense reste présent. Pour ma part cette série doit encore faire ses preuves dans le deuxième tome mais l'univers de la danse, des spectacles est vraiment bien décrit. Puis la fin est assez incroyable, on ne sait qui croire et comment les choses ont dégénérées aussi vite... A suivre donc !

chronique_lael

vendredi 19 avril 2019

La cité du ciel de Amy Ewing

9782221239889ORI

  • Nom: La cité du ciel de Amy Ewing
  • Lu en: français
  • Pages:  447 pages
  • Sorti le: 14 février 2019
  • Editeur: Collection R
  • VO: paru sous le nom The Cerulean en janvier 2019
  • Premier tome d'une duologie

« Dans trois jours, Sera Lighthaven procédera au plus grand acte de foi qu’une Céruléenne puisse accomplir, annonça la grande prêtresse. Elle plongera du promontoire situé dans les jardins Nocturnes et répandra son sang pour rompre le cordon. Elle sera honorée et chérie par nous toutes tandis que nous voyagerons vers notre nouvelle destination. » Sera se sentait comme engourdie. Son cerveau refusait de faire le lien avec ce qu’elle venait d’entendre, comme si la grande prêtresse parlait de quelqu’un d’autre. Nous sommes les Céruléennes, notre sang est magique. Ces mots prirent un sens nouveau et absolument terrifiant à ses oreilles. Son sang allait causer sa mort…

 

Sera, 17 ans vit dans la Cité du ciel. C'est une Céruléenne. Cette cité plane au-dessus d'une planète, là-haut, entre ciel et espace. Elle vit avec ses trois mères dans une société dite matriarcale, contrôlée par la Grande Prêtresse, elle-même tenant son pouvoir d'origine divin de Mère Soleil. Leur société est très ancrée dans la religion et la spiritualité. Mais bientôt, alors que Sera ne connaissait pas sa place ni son rôle dans cette hiérarchie, la Grande Prêtresse la choisit comme Elue. Elle devra se sacrifier, sauter des jardins Nocturnes et couper le lien qui unit la cité à la planète d'accueil, pour permettre aux Céruléennes de voyager et de se choisir une nouvelle planète avec des ressources fraîches et neuves...

Léo et sa soeur Agnès vivent à Kaolin. Si l'un est arrogant et superficiel, l'autre est scientifique, volontaire et courageuse. Tous deux cherchent l'approbation d'un père, homme d'affaires impitoyable. Leela est la meilleure amie de Sera. Elle est gentille et douce et pleure la perte de sa meilleure amie sacrifiée. Tolérante et généreuse, elle est en proie à de violents cauchemars où elle sent que Sera a besoin de son aide. Elle enquête et va découvrir des vérités peu engageantes sur le monde tel qu'elle l'a connu... Ces personnages aux destins différents vont se croiser et nous allons suivre pour chacun d'entre eux, leur évolution. Quel sera le rôle de chacun ? De Sera dont la chute finalement ne s'est pas révélée mortelle à Agnès que j'ai adoré et qui va essayer à son niveau de combattre certaines injustices...

J'ai beaucoup aimé La cité du ciel parce que l'univers est étrange, fantastique et très original. Original dans le sens de l'univers magique quasi mystique mais peut-être pas au niveau du déroulement de l'intrigue ni des personnages et de leur évolution. Il y a des rebondissements auxquels je m'attendais mais lorsqu'on est spécialiste des romans YA je pense que c'est normal d'être moins surpris par des retournements de situation. L'univers est riche et dense, très spirituel et proche des romans dystopiques où les héros se rendent compte qu'on leur a menti et que bien des choses s'avèrent être manipulées.

J'ai adoré Agnès, une jeune fille prometteuse qui a du courage et cherche à créer sa propre voie, quitte à attirer les foudres de son père. Mais de manière générale chaque personnage de cette histoire est intéressant et passionnant à suivre. Pour le coup, une lecture fluide qui m'a bien tenu en haleine et qui m'a emporté dans son monde incertain, onirique, magique et aux multiples ramifications. J'ai aimé certains personnages plus que d'autres comme Agnès et Leela et moins Léo et Sera. Par contre j'ai été agréablement surprise par l'évolution psychologique de Léo. 


En bref, une bonne lecture qui a su me séduire pour son fond onirique, et cette cité du ciel énigmatique, son ambiance teintée de mysticisme, de fantastique et de magie mystérieuse, avec des personnages attachants que l'on a envie de voir évoluer, et son écriture assez fluide et novatrice. 

chronique_lael

mardi 9 avril 2019

La voix des ombres de Frances Hardinge

006025450

  • Nom: La voix des ombres de Frances Hardinge
  • Lu en: français
  • Pages:  512 pages
  • Sorti le: 24 janvier 2019
  • Editeur: Gallimard Jeunesse
  • Tome Unique

La jeune Makepeace avait pourtant appris à se défendre contre les fantômes. Mais aujourd'hui un esprit habite en elle. Il est sauvage, fort, en colère... et il est aussi son seul rempart contre la cruelle dynastie de son père. Dans un pays déchiré par la guerre, Makepeace va devoir faire un choix difficile : la liberté ou la vie.

 

J'avais beaucoup aimé L'Ile aux mensonges, étonnamment conquise et subjuguée par l'ambiance instaurée dans ce livre. Je suis moins séduite par La Voix des ombres car j'ai eu énormément de mal à m'imprégner des personnages. L'ambiance est tout aussi réussie pour ce conte sombre, axé sur le surnaturel mais un fantastique assez glauque et effrayant. Bref je ressors partagée de cette lecture car j'ai lu ce roman sans vraiment m'y attacher.

Je n'ai pas forcément compris le lien avec la guerre civile anglaise du XVIIe siècle... si ce n'est pour servir une violence de certains faits et donner plus d'impact et d'urgence à la situation de Makepeace. Makepeace est maltraitée par sa mère qui décède brutalement suite à une révolte dans la rue. Recueillie par un oncle éloigné, Makepeace a un pouvoir secret : celui de voir les fantômes. En effet parfois quand quelqu'un décède, son esprit s'échappe à la recherche d'un endroit à hanter ou d'une personne. Makepeace détient un espace en elle pouvant recueillir ses défunts mais attention à la possession... L'Ours vient en elle. Il est sauvage, et en colère mais c'est aussi et bizarrement son seul refuge et soutien face à la famille de son père...

Manipulation, malédiction et possession, bienvenue dans les rouages et mécaniques de l'esprit. Et celui de Makepeace est étonnant mais porteur de choses terrifiantes et de mystères. Je vous l'ai dit, je n'ai pas été vraiment attirée ni captivée par ce roman. Je peux simplement vous dire que j'apprécie néanmoins l'écriture de l'auteure, à la fois sombre, spirituelle, métaphorique et immersive. Il y a une bonne ambiance et si vous recherchez une lecture différente, avec un univers de fantômes original et atypique, alors il vous faut lire du Frances Hardinge.

Mais j'ai préféré L'île aux mensonges et le roman que je lis en VO Fawkes. C'est d'autant plus dommage pour moi car la couverture est juste époustouflante et en fait un magnifique livre à avoir dans sa bibliothèque.


En bref, encore une lecture surprenante, pas forcément des plus agréables en ce qui concerne mon expérience mais j'apprécie toujours autant la plume de Frances Hardinge. Ici dans les marais humides d'Angleterre, elle est empreinte de mystères et de secrets à ne pas dévoiler. Le côté fantastique n'étant pas aussi présent que le côté historique, je reste un peu sur ma faim sur ce titre mais je suis néanmoins ravie de cette impression étrange dans laquelle je ferme les dernières pages.

chronique_lael

samedi 6 avril 2019

Roi de cendres de Kayla Ancrum

9782745997562

  • Nom: Roi de cendres de Kayla Ancrum
  • Lu en: français
  • Pages:  336 pages
  • Sorti le: 20 février 2019
  • Editeur: Milan
  • Premier tome d'une duologie

August et Jack n'ont jamais fait partie du même monde. August est discret, alors que Jack est la star du lycée. Pourtant, tous deux partagent bien des secrets, à commencer par leur amitié qui remonte à l'enfance. Quand Jack semble envahi par des hallucinations inquiétantes, c'est le monde d'August qui s'effondre. Il réagit alors de la seule façon qui lui semble envisageable : en plongeant dans la folie de Jack.

 

Rois de cendres est un roman subtil malgré sa violence. La violence du début de deux arrestations pour acte de vandalisme et pyromanie, violence du monde dans lequel vivent August et Jack, le trafic de drogue, la montée progressive de la folie et des hallucinations de plus en plus immersives, la violence de la relation toxique et nuisible... mais c'est aussi une histoire d'amitié hors norme, atypique et insolite, voire d'une histoire d'amour entre deux êtres qui ne peuvent imaginer vivre séparés l'un de l'autre. C'est un roman choc, qui interpelle, parfois dérange et vous percute, même si pour moi il est écrit avec sensibilité et émotions, avec subtilité et tendresse. 

J'ai trouvé les notes de l'auteure absolument convaincantes et importantes. Chacun à sa manière, August comme Jack manquent d'affection dans leur quotidien respectif et familial. C'est ce manque qui les unit l'un à l'autre. Se créer alors une dépendance fusionnelle entre ces deux personnages. C'est ce que raconte Rois de cendres et comment cette dépendance relationnelle se manifeste concrètement. Puis Jack est victime d'hallucinations et se prend pour le Roi d'osier. Il doit trouver le Bleu merveilleux et part dans des délires dangereux et graves. Que va faire August ? Comment va t-il réagir ?

 Rois de cendres est une lecture différente qui pour ma part m'a beaucoup plu mais que j'ai lu avec un certain détachement et du recul. Il est fort d'un point de vue psychologique et la montée tout en tension, tout en stress rend la lecture pleine de suspense et terriblement addictive. Je l'ai lu quasi d'une traite et je ne pouvais plus m'arrêter. Je me souviens d'avoir eu peur pour ces deux là et me demander jusqu'à quel drame ils vont se rendre compte que leurs actes mèneront vers l'impasse.

Mais j'ai été touché aussi, et émue par ce soutien inconditionnel que August apporte à Jack. Comment ils se font du bien mais aussi du mal tous les deux, pourvu qu'ils soient ensemble. L'objet-livre, sa mise en page, les photographies, tout concourt à une expérience littéraire pour mieux s'imprégner de cette histoire unique. C'est intense et toujours troublant... c'est plein de contradictions et de sentiments exacerbés. Ca nous parle d'envies, d'obsessions, de résignations, de négligence, de noirceur et tout ça grandit au fur et à mesure que la folie s'installe dans la tête de Jack. 


En bref, une lecture choc, une lecture passionnante et bluffante qui ne vous laissera pas indifférent tellement la relation entre les deux personnages est forte et fusionnelle. Quand le final arrive et que l'on a toutes les réponses à cette folie, c'est incroyable car on ne s'attendait pas du tout à ça et c'est particulièrement émouvant, de même que les raisons psychologiques invoquées par l'auteure pour décrire cette relation, pourquoi et comment elle est née... Les éditions Milan ont fait fort avec cette publication, non seulement l'objet-livre est splendide et inoubliable mais le contenu l'est tout autant.

chronique_lael

samedi 2 mars 2019

We are young de Cat Clarke

we are young

  • Nom: We are young de Cat Clarke
  • Lu en: français
  • Pages:  360 pages
  • Sorti le: 17 janvier 2019
  • Editeur: Collection R
  • Tome Unique

Le soir même où la mère d’Evan épouse « Breakfast Tim », présentateur vedette de la radio locale, le tout nouveau demi-frère d’Evan, Lewis, est retrouvé inconscient et grièvement blessé. Il est l’unique rescapé d’un terrible accident de voiture. Une tempête médiatique se déchaîne alors et tous les doigts accusateurs sont pointés sur Lewis, jeune toxico solitaire. Tout le monde semble penser que l’accident est lié à une affaire de drogue, mais Evan n’y croit pas une seconde. Aidée par son père journaliste, Harry, elle se met en tête de découvrir ce qui s’est véritablement passé le soir de l’accident. À mesure qu’Evan creuse dans la vie des trois adolescents morts dans le crash, elle va lever le voile sur des vérités dérangeantes et sur un secret qui menace d’anéantir sa famille… ainsi que l’ensemble de la communauté.

 

J'adore les romans de Cat Clarke, je les trouve percutants et addictifs, toujours très bien écrits et proches des préoccupations adolescentes. Je ne savais pas à quoi m'attendre avec We are young mais j'y vais les yeux fermés car pour moi il ne faut pas manquer un Cat Clarke. 

Evan Page est une adolescente de 17 ans, plutôt sérieuse, sauf en ce soir de mariage de sa mère avec son beau-père Tim. Pour faire simple, elle s'envoie en l'air avec un gars qu'elle connaît à peine sans protection. Pourquoi fait-elle ça ? C'est parce qu'elle ne contrôle plus sa vie et disons-le, que sa famille recomposée ne la rend pas heureuse.

La fête est interrompue lorsque le beau-père d'Evan reçoit un appel de l'hôpital. Lewis son fils a eu un grave accident de voiture dont il est le seul survivant. Trois morts, un handicapé dans le coma... une affaire de drogue, d'alcool ? Même si elle a peu d'affinités avec son demi-frère, Evan veut connaître la vérité et je l'ai trouvé attachante et mature parce qu'elle s'investit vraiment pour rétablir la vérité sur Lewis. Que s'est-il passé cette nuit-là ?

 Je ne vous en dis pas plus car comme pour tous les romans de Cat Clarke, il faut les découvrir et découvrir surtout l'intensité de ses intrigues, toujours vives et fortes, parfois chocs comme ici. Et à l'inverse de Girlhood, je n'ai rien vu venir si bien que j'étais totalement prise dans l'ambiance de ce young adult qui file tout en tension dramatique et qui se conclue en une vérité glaçante et pleine d'effroi.

Ce n'est pas joyeux et le thème du deuil est sous-jacent... mais quand tout accuse Lewis et le trafic de drogue, Evan a envie d'avoir des réponses et ce qu'elle découvre est plutôt choquant avec un autre thème encore plus dur à évoquer. Cela n'en fait pas forcément une lecture émouvante car j'ai trouvé que l'auteure rajoutait des éléments d'action, de rebondissements et de petits drames liés au personnage de Tim.

Dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé ma lecture. Je n'ai pas forcément accroché à tout l'univers de Evan, son groupe de musique, ses problèmes avec ses amis mais j'ai beaucoup aimé la manière dont elle réfléchit, dont elle s'engage réellement dans la guérison de Lewis. C'est touchant et surprenant venant d'une adolescente comme elle, mais elle montre son côté protecteur même avec son petit frère. 


En bref, We are young est un roman YA efficace et prenant à suivre. L'écriture de Cat Clarke est sans conteste percutante, directe, franche, avec cette force de caractère qui lui est propre. A l'instar de Cruelles et Revanche, c'est que derrière son rythme efficace, addictif et cette incroyable capacité à parler de l'adolescence, il y a beaucoup de profondeur dans ses propos. Une excellente lecture, pas tout à fait le coup de coeur mais c'est dû uniquement au background auquel j'ai peu accroché, sinon les personnages sont bien campés et courageux et les thèmes abordés importants !

chronique_lael