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mardi 16 janvier 2018

[Cinéma] Downsizing

downzising

  • Nom: Downsizing
  • Avec: Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz
  • Genre: Comédie 
  • Sorti le: 10 janvier 2018

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le "downsizing". Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Hier, par une froide soirée de Janvier, je me suis rendue, en très bonne compagnie, au cinéma pour regarder Downsizing. L’amer sentiment que j’en ai eu à la sortie, c’est celui d’une histoire manquée, une histoire avortée. De l’image du film, au résumé en passant par la bande-annonce, on nous annonce un blockbuster où le potentiel cinématographique atteindrait des sommets. Le premier acte - donc les 30 premières minutes du film - est digne d’un véritable chef-d’œuvre, la science fiction est bel et bien là, nos attentes comblées et notre appétence pour la suite grandissante. 

Toutefois, les motivations premières du film, donc le Downsizing, se perdent complètement par la suite. Ce qui doit être au centre : la réduction de l’être humain, n’est au final qu’un prétexte à une histoire sociale. Le film qui nous émoustille avec ses nombreuses perspectives et ses premières images se détourne subitement de ses origines pour relater une aventure humaine.

Ainsi, malgré la profondeur des rencontres, la drôlerie de certains passages et l’idée transcendante de base, j’ai eu la désagréable impression de m’être fait dupée.  Ne vous attendez pas à une science fiction grandissante, car l’utilisation de la réduction de l’être humain est plus une excuse aguicheuse, que le sujet principal. En revanche, si vous êtes un adepte des comédies de vie alors foncez !
Comme dit le proverbe « L’habit ne fait pas le moine » c’est exactement ce que j’en retire de cette projection. Sous des habits très grands, nous sommes face à une comédie supplémentaire. Le Downsizing s’évapore doucement et Matt Damon avec. Son charisme, son intensité et ses ambitions des premières minutes laissent place à un homme insipide, mou et mielleux.

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De plus, l’utilisation de la miniaturisation pour marquer l’altruisme, le voyage, l’amour et la remise en question m’a vraiment dérangée. Est-on obligé d’être réduit pour avoir accès à cela ? N’y-a-t ‘il pas des choses différentes à traiter quand on évoque la réduction de l’être humain ?
Les proportions du début disparaissent et se transforment en piqûre de rappel et non comme leitmotiv. Où est passé le Matt Damon qui voulait voir sa vie transformée pour quelque chose de meilleur ? Où sont passés les avertissements du monsieur aigri au bar concernant le droit de vote, l’économie mondiale, la dictature ?

La SF aurait donc été pour M.Payne un moyen de mieux montrer les inégalités de notre société ? C’est un film qui ne sait où se placer entre le sujet qu’il met en avant et la réalité cinématographique. Le réalisateur nous lance plein de possibilités extrêmement intéressantes dont aucunes ne sont exploitées.

Mais on peut se demander si tous ces défauts ne sont pas aussi la force du film au final. Toutes ces questions sans réponses conduisent le spectateur à une grande réflexion.  Nous n’en sortons pas entièrement satisfaits, nous en sortons perplexes, pleins de questionnements et nous cessons d’en parler. N’est-ce pas cela force d’un bon film aussi ? Le fait qu’il ne soit pas forcément servi du début à la fin sur un plateau d’argent mais qu’au contraire il nous laisse nombre de fils que l’on peut attraper, imaginer, manier, réinventer encore et encore.


En bref, le film reste bon, il a cette ambiance légère et humaine très ancrée dans la réalité. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une bande annonce mensongère où le réalisateur abandonne son idée principale. La pertinence du récit est incontestable, toutefois Alexander Payne abandonne tout ce qu’il avait introduit et ne tire pas profit de la merveilleuse création de Paul Safranek, jugeant préférable de faire de Downsizing une satire sociale américaine.

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