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mardi 29 mai 2018

Les gardiens des secrets de Trenton Lee Stewart

les gardiens

  • Nom: Les gardiens des secrets de Trenton Lee Stewart
  • Lu en: français
  • Pages: 320 pages
  • Sorti le: 19 avril 2018
  • Editeur: Pocket Jeunesse
  • VO: paru sous le nom The Secret Keepers le 27 septembre 2016
  • Tome Unique

Au lieu d'aller à l'école, Ruben préfère mille fois explorer la Nouvelle-Ombrie. Parcourir les ruelles désertes, escalader les façades, se faufiler dans les moindres passages... Jusqu'au jour où il se retrouve coincé au sommet d'un immeuble abandonné et découvre une montre ancienne. Ruben n'est pas au bout de ses surprises : véritable trésor, cet objet suscite la convoitise de bien des gens, et donne à son porteur le pouvoir d'invisibilité... Ruben et sa complice d'aventure, Penny, vont devoir protéger leur trouvaille, coûte que coûte...

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Les gardiens des secrets me faisait vraiment envie avec sa couverture magnifique qui invite à l'évasion, au monde marin, à un mystérieux phrare, le tout avec des étoiles réhaussées de vernis sélectif doré. Le résumé est également très tentant et promet une chouette aventure. En effet, Les gardiens des secrets nous invitent dans un univers de magie, de trésors, de montre aux pouvoirs exceptionnels, de suspense et de mystères dangereux.

Ruben fait volontiers l'école buissonnière pour aller explorer les recoins de la Nouvelle-Ombrie, escalader les façades et les petits passages cachés. Puis un jour, Ruben fait une découverte alors qu'il est coincé en haut d'un immeuble : une montre ancienne avec une inscription notée : "Ph.P. William". Il ne sait pas qu'il vient de faire une découverte exceptionnelle mais dangereuse car la montre est un objet convoité par des gens mal intentionnés dont un dictateur nommé la Fumée, dont on ne sait vraiment si il est humain.  

Je trouve que la quatrième de couverture en dit trop et vous spoile sur les 150 premières pages du roman mais j'ai pris plaisir à faire connaissance avec Ruben qui s'avère être un héros attachant mais pas très réfléchi. Disons qu'il en fait un peu trop à sa tête et cela va lui valoir une fuite effrénée pour échapper à plusieurs ennemis dont mes préférés sont les étranges Directions, des hommes qui patrouillent dans la ville en formation de triangle et qui font office de collecteurs d'impôts et de taxes. Ruben va tout faire pour sauvegarder sa découverte et passer inaperçu pour mener à bien son enquête à savoir à qui appartient cette montre magique.

La lecture est captivante, le récit est fluide et efficace, teinté parfois de petits passages poétiques. Car avec cette milice qui sévit dans cette ville, les journées sont moroses, tristes et oppressantes. La découverte de Ruben est une bouffée d'air frais qui va lui permettre de plonger au coeur d'une aventure faite de secrets. L'ambiance et la tension du livre maintiennent le lecteur en haleine car on est sans cesse sur le qui-vive à cause de ces Directions qui effraient et intimident... le Phare apparaît alors comme un refuge, une lumière dans le tunnel grisâtre de la ville et qui offre une porte ouverte vers une famille pleine de secrets, de trésors et d'histoires qui frôlent parfois le roman de piraterie!


En bref, de jolis rebondissements, une intrigue de qualité qui divertit et nous fait passer un bon moment, des héros attachants et un cliffhanger stressant, qui vous fera crier de frustration! Un roman d'aventure soigné et plein de suspense sur fond de malédiction et d'objets magiques... J'adore!

chronique_lael


samedi 26 mai 2018

D'encre, de verre et d'acier de Gwendolyn Clare

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  • Nom: D'encre, de verre et d'acier de Gwendolyn Clare
  • Lu en: français
  • Pages: 670 pages
  • Sorti le: 3 mai 2018
  • Editeur: Lumen
  • VO: paru sous le nom Ink, Iron and Glass le 20 février 2018
  • Premier tome d'une duologie

Et si on pouvait vraiment créer un monde avec de l’encre et du papier ? Avec la bonne plume, le bon papier et en respectant des règles complexes, il est désormais possible de voir naître sous ses doigts un nouveau monde. Cette nouvelle branche de la science, la scriptologie, connaît deux adeptes hors du commun : Jumi da Veldana et sa fille Elsa sont nées, comme l’univers d’où elles viennent, sous les doigts d’un scriptologue. Mais elles se sont révoltées et ont elles-mêmes appris, à leur tour, les secrets de cet art, et repris le contrôle de leur petit paradis. Leur bonheur ne dure pas : Jumi cache un noir secret et disparaît, enlevée sous les yeux de sa fille, qui doit s’aventurer dans le monde réel pour retrouver sa trace. Des canaux d’Amsterdam aux rues du Pise, elle finit par trouver refuge dans une véritable " maison de fous " appartenant à l’ordre d’Archimèdes, c’est-à-dire une institution où scriptologues, alchimistes et mécaniciens peuvent venir se mettre à l’abri, étudier et travailler en compagnie d’autres scientifiques. C’est aussi un pensionnat, dont les élèves l’observent avec beaucoup de curiosité – au premier rang d’entre eux, Léo, un mécanicien de génie, avec qui sa rencontre fait des étincelles. L’aide promise à Elsa par l’ordre tardant à se concrétiser, la jeune fille décide de prendre les choses en main. Et ce n’est pas peu dire. Car Elsa, elle aussi, dissimule un secret...

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Regardez cette beauté!!! Dois-je vous dire à quel point j'adore les publications de Lumen ? Je pense que c'est l'étoile montante de l'édition Young Adult en France de par leurs choix éditoriaux, leurs communiqués de presse et la com qu'il y autour de la sortie d'un nouveau titre. D'encre, de verre et d'acier nous plonge au coeur d'une nouvelle intrigue young adult steampunk.

Nous allons suivre Elsa qui est la fille de Jumi, une créatrice d'univers, une scriptologue. Toutes deux sont nées à Veldane, dans un monde inventé à partir d'encre et de papier et de ce fait vivent dans un décor complètement imaginé. La scriptologie permet ainsi d'écrire des livres-monde. Mais Jumi est kidnappée sous les yeux impuissants de sa fille qui n'hésite pas une seule seconde à poursuivre les assaillants... et à sauter de son univers pour rentrer dans la réalité en plein Paris!

De Amsterdam à Pise, Elsa, armée de courage et d'une bonne dose d'intelligence va se retrouver dans une sorte d"asile de fous" qui est en réalité une cour des miracles, un refuge pour les orphelins et où se réunissent plusieurs dons : scriptologie, alchimie et mécanique. Ce pensionnat est sous la protection de l'Ordre d'Archimède, une organisation scientifique qui a pour but de réunir les grands talents. Mais pourquoi Jumi a -t-elle été enlevée ? Et Elsa parviendra-t-elle à la sauver ?

Si l'intrigue fantastique m'a bien plu, avec un univers qui m'a rappelé Coeur d'encre et The young elites avec de très bons ingrédients avec une idée de départ : imaginez que des scriptologues inventent des mondes avec leurs plumes et qu'en parallèle de notre réalité, il y a plusieurs mondes. Ce sont des livres-mondes. L'intrigue est riche, foisonnante et subtilement mise en place grâce à une écriture originale, fluide et onirique, sachant distillée magie, mystères et cohérence.

Il m'a fallu un peu de temps pour bien comprendre toutes les possibilités qu'offraient l'univers fantastique de l'auteure et le rythme est parfois lent, mais hyper prenant et fascinant. Il y a beaucoup d'éléments à assimiler pour bien s'immerger dans l'histoire et comprendre comment tout se tient mais j'ai adoré tout ce côté introductif qui explique la multitude des mondes réels et inventés. Malgré le manque d'action, j'ai aimé prendre mon temps pour comprendre le concept de mondes scriptés mais aussi la découverte du monde réel par Elsa et sa rencontre avec ceux qui l’aideront dans sa quête. 

Je me suis prise d'affection pour Elsa qui est téméraire, mais aussi réfléchie et qui se lance dans l'aventure sans se poser des questions, guidée par l'instinct de survie de son univers, de sa vie et de sa mère. Elle a le sens de la répartie et sait se faire entendre par l'ami de sa mère afin qu'il l'oriente efficacement dans ses recherches. Avec elle on va découvrir les pouvoirs liés aux scriptologues, aux alchimistes et aux mécaniciens. C'est ensuite que viennent les révélations et les rebondissements même si il n'y a pas d'énormes surprises dans les relations entre les personnages et la suite des évènements.


En bref, j'ai passé un super moment dans un univers décrit avec originalité. Le gros point fort du contexte c'est bien sûr tout l'aspect onirique et fantastique qui non sans renouveler le genre des mondes parallèles et des voyages imaginaires, est tout de même assez rafraîchissant. Puis l'autre aspect qui m'a énormément plu c'est tout le côté européen et italien, des décors inspirés de la Renaissance italienne, du vocabulaire italien et une ambiance latine avec des paysages côtiers. J'ai adoré le voyage que fait Elsa et Leo en train de Pise jusqu'à la côté, cela m'a réellement rappelé ma descente ferroviaire de l'Italie jusqu'en Sicile. Dépaysement assuré pour un premier tome, certes introductif mais très prometteur...

chronique_lael

jeudi 24 mai 2018

Le faiseur de rêves de Laini Taylor

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  • Nom: Le faiseur de rêves de Laini Taylor
  • Lu en: français
  • Pages: 670 pages
  • Sorti le: 19 avril 2018
  • Editeur: Lumen
  • VO: paru sous le nom Strange the dreamer le 28 mars 2017
  • Premier tome d'une duologie

Il est une ville, au centre du désert, où nul n’a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d’interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde… Pire encore, un soir d’hiver, le nom de ce lieu de légende s’évanouit en un clin d’œil de la mémoire de tous – Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle. Frappé au cœur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme. Quinze ans plus tard, il travaille dans la plus grande bibliothèque du monde, à Zosma, en rêvant de fabuleuses découvertes quand, de la Cité oubliée, émerge tout à coup une curieuse expédition venue recruter les meilleurs scientifiques du continent. Pourquoi diable s’obstiner à réunir ces esprits éminents ? Mystère… Et pourquoi Lazlo voit-il donc ses songes se peupler de visions étranges – à commencer par une déesse à la peau bleue pourtant assassinée, des années plus tôt, par les habitants de la ville interdite ? Qui est-elle vraiment ? Comment le jeune homme, qui ignore tout de sa légende, peut-il bien la voir en rêve ?

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Vous faire une chronique de ce roman va être compliqué tellement il est exceptionnel, dense, complexe et extraordinaire dans son écriture et son intrigue, dans sa quête d'identité et sa poursuite d'un rêve incroyable.Vous faire également un résumé des faits qui s'y déroulent serait également une erreur dans la mesure où Le Faiseur de rêves se lit et offre une belle expérience littéraire.

Nous faisons la connaissance de Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans qui va grandir à la Grande Bibliothèque de Zosma et va lire tout ce qui lui passe par les mains. Lazlo est un rêveur. Il aime lire, il est fasciné par les contes et les légendes oubliées. Les bibliothécaires sont au service des savants et la grande intelligence de Lazlo le conduit à découvrir un secret puissant lui permettant de lier son destin à Thyon, l'alchimiste de Zosma... Lazlo est également obsédé par La Cité Oubliée ou Désolation. Un jour, une caravane de guerriers Tizerkane arrive à Zosma avec pour chef Eril-Fane. Un recrutement étrange a lieu pour servir un projet mystérieux à la Cité Oubliée... Plusieurs savants sont demandés : alchimistes, astronomes, scientifiques, ingénieurs, mathématiciens... tous les savants ayant une solide connaissance des sciences. Le but de leur mission sera révélée une fois à la Cité Oubliée... Lazlo, fasciné ne veut pas laisser passer sa chance et saisit son destin en s'adressant en Inouï, la langue de la Cité Oubliée. Il fera partie du voyage...

Le Faiseur de rêves est une histoire fantastique, charismatique qui a une âme et dont la délicatesse et la poésie n'ont d'égale que le raffinement de la plume de Laini Taylor. On est un dans un roman fantasy onirique où l'on nage en plein rêve peuplé de créatures incroyables : séraphins, anges, dieux, fantômes, papillons, humains mêlant magie, mystères et pouvoirs... Ce qu'il y a de captivant dans ce récit, c'est que tout est expliqué dans une sorte de sérénité qui imprègne le lecteur. Tout est fait pour nous envoûter, nous enchanter, nous dérouter et nous dépayser pour entrer dans un univers sublime mais difficile et injuste.

Certes il y a une mythologie, une guerre ayant jadis opposés des anges déchus aux guerriers Tizerkane. Et ces actes auront des répercussions... Mais en lisant Le Faiseur de rêves, j'avais l'impression de plonger au coeur d'un récit intemporel ou bien universel, babylonien ou d'une Tour de Babel, à la fois linguistiquement captivant et saisissant. C'est parfois terrifiant ou inquiétant car il y a des images et des impressions qui restent gravées puis c'est parfois dur dans le propos, grave et dramatique.

Laini Taylor ne fait pas que nous offrir une intrigue fantasy foisonnante, elle trouve également le moyen d'aborder des thèmes forts comme la différence, le racisme, le poids de nos actes, l'injustice, la guerre, les préjugés des peuples les uns sur les autres. Puis dans toute cet univers, il y a l'amour que se porte deux êtres dont les différences vont s'unir, qui ne se rebutent pas mais au contraire se lient dans une innocence magnifique. L'amour dans toute sa pureté, sa simplicité, son essence et sa sincérité. L'amour qui s'oppose à la haine, à l'esprit vicieux de vengeance, à la méchanceté. On passe par de nombreux sentiments et d'émotions fortes mais on vit tout ça dans un calme étrange et quasi mystique.


En bref, je ne vais pas vous en dire plus. J'ai énormément aimé Le Faiseur de rêves car l'intrigue est dense et les personnages ont une psychologie étoffée. Les images qu'inspire l'univers de la Cité Oubliée sont incroyables et sublimes. Le dépaysement est garanti et n'ayez pas peur de la longueur car ici elle sert l'histoire car tout est lié de manière subtile et habile. J'ai passé un bon moment et j'ai aimé être ainsi dans un monde qui paraît éphémère mais ô combien pénétrant.Une écriture unique pour un récit rare et précieux!

chronique_lael

dimanche 13 mai 2018

Des étoiles dans la mer de Natasha Boyd

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  • Nom: Des étoiles dans la mer de Natasha Boyd
  • Lu en: français
  • Pages: 300 pages
  • Sorti le: 27 septembre 2017 (ebook) 30 octobre 2017 (papier)
  • Editeur: MxM Bookmark
  • Tome Unique

Livvy a pris la fuite. Elle s’est échappée là où personne ne pourra jamais la retrouver. Mais dans le cottage isolé où elle se réfugie, il y a déjà Tom, un mystérieux inconnu, qui est là pour des raisons personnelles. Dans l’intimité de ce cottage abandonné, au cœur de la nature sauvage de l’île, leur connexion immédiate est impossible à ignorer. Mais alors qu’ils fuient leur histoire et refoulent leurs secrets, le passé les rattrape et bouleverse leurs vies de façon inimaginable. Malgré leurs sentiments profonds et leur alchimie puissante, ils devront se battre contre un enchevêtrement de mensonges et surmonter les blessures de leur passé. La vérité, en émergeant, fera peut-être plus de mal que de bien.

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Comment vous dire ? Que j'ai adoré ma lecture qui m'a fait passer par tout un panel d'émotions : chagrin, révolte, peur, larmes aux yeux. Il s'agit ici d'un IMMENSE coup de coeur pour cette dark romance qui va vous faire vibrer.

Olivia fuit sa maison familiale après plusieurs drames et se réfugie dans la maison héritée de sa grand-mère décédée située sur une île, un cottage abandonné. Le trajet est long et difficile et sur le chemin, elle rencontre Tom qui n'est autre que le gardien de la maison où elle se rend. Tom connait la soeur d'Olivia et le secret qu'elle cachait... Mais il semble que lui aussi aie un secret sur sa véritable identité. Alors que la rencontre entre ses deux êtres écorchées est tendue, ils sont aussi irrémédiablement attirés l'un par l'autre. Olivia est froide et dure, elle est blessée et n'hésite pas à montrer qu'elle peut être forte malgré les ravages et injustices qu'elle a vécu.

Alors que Tom n'ose pas lui avouer sa vraie identité, un secret qui pourrait faire exploser la relative cohabitation.  Il y a tellement de tension entre les deux personnages, tellement d'intensité dramatique d'un côté puis d'attirance physique de l'autre entre ces deux là. Mon dieu... on lit cette dark romance à couteaux tirés, les poils qui se hérissent sur la peau, avec avidité et soif de connaître les secrets de chacun. On frissonne, on exalte, on vibre... c'est fort, intense car il est aussi question de secrets de famille et de drames personnels et que certaines révélations sont inattendues. Je suis amoureuse de Tom, il est charismatique et attentionné tout en étant vulnérable et secret face à cette jeune femme perdue et fragilisée par un bon nombre de ruptures et d'injustices familiales. 

Le gros point fort de ce roman c'est bien sûr l'écriture exacerbée, incisive et percutante de Natasha Boyd et l'ambiance magnifique et intimiste de cette romance coup de poing qui provoque son lot de violences et d'émotions fortes. Je me sentais si bien que, pour une fois, j'ai eu envie de rester dans les pages et de faire prolonger cette lecture qui m'enthousiasmait tant malgré des propos graves. C'est l'histoire d'amour qui naît entre deux vies brisées, entre deux êtres qui ont souffert et qui vont apprendre à se reconstruire, ensemble, malgré eux, à travers eux.

L'intrigue est captivante et efficace, avec toujours des rebondissements venant des réactions de Livvy et un certain suspense sur le lien qu'il peut y avoir entre passé et présent. Le style et la plume de Natasha Boyd sont addictifs, elle met l'accent sur les émotions brutes et ressenties avec passion, que sont la colère, l'angoisse, la tristesse, la peur mais aussi sur des thèmes comme l'amitié, l'amour, la famille, la complicité et le deuil. 


En bref, j'ai aimé cette histoire d'amour, de rédemption et de guérison qui déchaîne et déchire les coeurs! L'écriture est tellement fluide et envoûtante, il y a aussi tout un côté fantastique avec des superstitions et des croyances païennes des habitants de l'île qui donne plus d'impact au monde des vivants. Je me suis énormément attachée aux deux personnages principaux et à cette intrigue passionnante. 

chronique_lael

jeudi 10 mai 2018

L'atelier des sorciers vol.1 de Kamome Shirahama

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  • Nom: L'atelier des sorciers vol.1 de Kamome Shirahama
  • Lu en: français
  • Pages: 208 pages
  • Sorti le: 7 mars 2018
  • Genre: Seinen fantastique
  • Editeur: Pika Edition
  • Fiche: présentation officielle
  • Premier tome d'une série

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique ! Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

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Je me remets au manga et j'ai jeté mon dévolu sur L'atelier des sorciers. Pour ne pas bouder mon plaisir, je l'ai pris en version collector avec le Artbook et si comme moi vous aimez les dessins, les croquis, les artefacts de tout un nouvel univers magique, je vous le recommande chaudement.

J'ai tout aimé dans ce manga Seinen: les personnages tous très attachants et pour certains ambigüs et qu'on aimerait connaître davantage, jusqu'à l'intrigue elle-même qui n'est autre que celle de l'entrée de Coco, une fille humaine dans l'univers des sorciers. Dans un monde où la magie sépare les humains des sorciers, Coco a toujours rêvé d'être magicienne. Mais les élus sont choisis dès la naissance et Coco n'a pas eu cette chance. Elle se contente donc de se raccrocher à un souvenir d'enfance : celui du jour où elle a acheté à un inconnu, un livre de magie et un encrier.

Alors que le sorcier Kieffrey s'arrête dans l'échoppe de sa maman, Coco assiste en cachette à un tour de magie qui dévoile le secret des sorciers, à la confection même d'un sort. Excitée et fascinée, elle s'exerce dans sa chambre en décalquant la page d'un grimoire, mais elle n'imagine pas que son acte va provoquer un drame... Kieffrey décide alors d'emmener la jeune fille et de la prendre comme apprentie sorcière...

Ce que j'ai adoré dans l'univers de L'Atelier des Sorciers, c'est toute la dimension qu'il y a autour de la magie, de ses origines à son fonctionnement par des sortilèges qui s'effectuent par des dessins, des runes, des pentacles. L'univers est dense et on sent derrière que la mangaka a apporté une sacrée consistance à son univers magique autant dans les lieux, dans les objets, dans son exercice et son histoire, que dans son art graphique. Ainsi on sent qu'on est dans un manga à l'univers complexe, travaillé et mature.

J'ai adoré la finesse des traits, mais surtout toute l'iconographie des pentacles, des dessins fantastiques car c'est en dessinant qu'on révèle la magie et qu'on la créée. J'ai aussi aimé les lieux mystérieux et l'humour présent chez Coco. Les personnages ont chacun un caractère intéressant et les mimiques de Coco, de la fille excitée comme une puce ou complètement catastrophée, ou même émerveillée devant ce qu'elle découvre, m'ont beaucoup fait rire.


En bref, j'ai passé un excellent moment, à tel point que c'est un coup de coeur : aventures, magie, découverte exaltante, rites initiatiques, épreuves magiques, suspense (Oh là là là la fin est géniale et nous font poser beaucoup de questions) et lieux mystérieux, on entre dans un monde fantastique et riche. Les dessins sont superbes et l'édition collector en révèle toute la splendeur et la beauté grâce au Artbook. Je suis très exigeante en matière de manga mais là je me suis tellement amusée que pour le coup il s'agit d'un premier tome prometteur, idéal pour toute la famille!

chronique_lael


jeudi 3 mai 2018

Les confins du monde [La conspiration #3] de Maggie Hall

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  • Nom: Les confins du monde [La conspiration #3] de Maggie Hall
  • Lu en: français
  • Pages: 398 pages
  • Sorti le: 18 avril 2018
  • Editeur: Collection R 
  • Fiche: présentation officielle
  • VO: paru sous le nom The ends of the world le 18 juillet 2017
  • Tomes antérieurs: Tome 1 - Tome 2

Le Cercle des Douze n’est finalement pas ce à quoi s’attendait Avery… Mais elle aussi a de quoi les surprendre. Depuis la mort de sa mère, Avery se retrouve encore plus dépendante de Stellan et de Jack. Pris dans une toile de trahisons et d’attirance fatale, tous trois doivent désormais unir leurs efforts pour enrayer la plus dangereuse conspiration que le monde ait jamais connue. De Jérusalem à Rome en passant par la Russie, du froid glacé des catacombes à la chaleur des flashs des paparazzis, Avery West va devoir affronter son destin, qu’il soit placé sous le signe du salut… ou sous celui de la destruction.

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J'étais très excitée et contente d'avoir ce dernier tome de la trilogie entre les mains mais je dois avouer que je n'ai pas ressenti l'exaltation et l'enthousiasme autant que pour le second tome qui est mon préféré. En fait il a fallu d'abord me remémorer les derniers évènements et cela m'a un peu coupé, perturbé dans ma lecture des premiers chapitres.

Toutefois les rebondissements s'enchaînent et notamment la solution à toute l'intrigue si bien que j'ai pu reprendre mes marques dans l'univers de La Conspiration. Il sera question de terrorisme, d'arme biologique et Avery fait des découvertes décevantes et éprouvantes sur la véritable logique du Cercle des Douze. La pauvre, elle qui était déjà en détresse et meurtrie par le décès de sa mère et la trahison ultime de sa demie-soeur et demi-frère.

 J'ai adoré la théorie de l'auteure selon laquelle le sang mélangé du treizième couple forme un virus mortel. Avery et Stellan vont devoir trouver un remède au virus et reprendre les recherches sur le tombeau d'Alexandre. Les scènes d'action qui se déroulent dans les quartiers de Jérusalem sont scénaristiquement très réussies! On est vraiment dans une affaire de trahisons et de complots politiques pour la prise du pouvoir et tout ceci fait très organisation secrète comme l'Ordre des Templiers ou même un genre d'Assassins Creed. L'intrigue est donc toujours aussi captivante et l'auteure répond à toutes nos questions.

 Côté personnages, j'ai encore une fois beaucoup aimé l'évolution de l'héroïne. Avery découvre des choses bouleversantes mais elle reste réfléchie et posée. Sa relation avec Stellan bouge aussi dans ce tome aussi bien parce qu’elle découvre qu’ils sont liés l'un à l'autre par leur destin mais aussi par leurs sentiments et émotions. Mais je dois dire que la romance n'est pas le point fort de l'auteure et cela ne m'a provoqué aucun émoi.  


En bref, au niveau de l'intrigue, La Conspiration se conclut de manière magistrale, mêlant habilement secrets de l'archéologie, roman historique, société clandestine et enjeux politiques ou de pouvoir. J'ai beaucoup apprécié ce dernier tome même si j'ai trouvé des inégalités dans son contenu : des passages plus longs alternés avec des passages trop rapides, de retournement de situation, de révélations chocs mais la chasse au tombeau est moins bien menée. Malgré tout l'ensemble reste passionnant et intéressant, pour ce mélange entre Night School et le Da Vinci Code. C'était sympa à lire et à découvrir et j'en garde un bon souvenir.

chronique_lael

vendredi 13 avril 2018

Young Elites de Marie Lu

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  • Nom: Young Elites de Marie Lu
  • Lu en: français
  • Pages: 382 pages
  • Sorti le: 19 avril 2017
  • Editeur: Le livre de poche 
  • VO: paru sous le nom The young elites le 7 octobre 2014
  • Premier tome d'une trilogie

Adelina a survécu à l'épidémie qui a ravagé son pays. Elle en a gardé des marques. Ses cheveux sont passés du noir à l'argenté et une cicatrice barre le côté gauche de son visage. Son père voit en elle une disgrâce pour son nom et sa famille : une malfetto, impossible à marier.Et la rumeur dit que les survivants comme Adelina n'auraient pas récolté que des cicatrices... Ils auraient acquis des superpouvoirs et se seraient regroupés, menaçant l'autorité en place. Bien que leurs véritables identités demeurent secrètes, tout le monde connait leur nom : les Young Elites.

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Après une épidémie de fièvre dévastatrice, certains jeunes survivants ont développé des pouvoirs psychiques liés aux éléments naturels comme créer des hallucinations, manipuler les objets ou s'évaporer dans l'air. Adelina découvre la nature sombre de ses pouvoirs en tentant de fuir son père violent et tyrannique qui souhaite la vendre comme prostituée car c'est une malfetto, autrement dit une marquée impossible à marier.

Mais la confrontation est violente et Adelina invoque des silhouettes démoniaques qui s'en prennent à son père le blessant mortellement. Elle est arrêtée par l'Inquisition, emprisonnée et condamnée à mort. Elle est sauvée par Enzo, le Prince de la Cité d'Estenzia, lui-même banni à cause de ses pouvoirs. C'est dans une sorte de cour des miracles qu'elle va apprendre à contrôler ses dons pour se rallier au plan des Young Elites, un groupe de résistants qui souhaite renverser le pouvoir en place et arrêter Teren, le chef Inquisiteur...

Si ma lecture a été plaisante et agréable je n'ai pas eu l'étincelle incroyable que j'ai eu avec Warcross et il n'y a pas de rebondissements importants. En fait, Young Elites démarre de manière fort convenue quand on connaît les ficelles des romans Young Adult fantastiques. Ca se lit bien, l'écriture est prenante et efficace avec l'alternance tant prisée entre Adelina, Teren, Raffaele, les trois personnages principaux de l'intrigue.

Adelina est l'héroïne, voire l'anti-héroïne de Young Elites. Elle a des pouvoirs mais elle cède volontiers à la colère, à la vengeance et aux mauvaises pensées... celles qui sont sombres et qui la tirent vers le bas. Certes ses pouvoirs sont prodigieux et importants, mais elle n'a pas un bon fond. Même si elle a des circonstances atténuantes et de bonnes intentions, je la trouve assez immature dans ses réactions, dans ses pensées capricieuses et assez prompte à trahir les siens, à céder. C'est un personnage complexe et ambigüe qui commet beaucoup d'erreurs.

Ce qui m'a manqué dans ce premier tome c'est l'originalité. Nous l'avons dans le cadre qui rappelle celui de l'Italie de la Renaissance avec des termes latins et italiens (malfetto, la Cour de Fortunata...) et une hiérarchie qui s'en inspire : les Inquisiteurs, le Roi, le peuple et les Young Elites. Les Young Elites sont traités comme des parias et veulent résister, renverser la monarchie en place.

En matière d'intrigue et de déroulement de l'histoire, l'action se mêle au fantastique mais il n'y a rien de nouveau. L'ensemble m'a rappelé un peu Grisha, pour la relation entre Adelina et Teren, et Shades of Magic pour les pouvoirs magiques. Et puis il y a Enzo, tellement charismatique mais là encore on sent que tout est joué d'avance entre eux. La romance n'en est pas forcément addictive.


En bref, la fin m'a pris par surprise mais le reste du roman est un peu cousu de fil blanc lorsqu'on a déjà lu un certain nombre de romans Young Adult. Ce n'est donc pas un coup de coeur et il y a tellement mieux en ce moment à lire et découvrir que je n'ai pas envie de lire la suite. Pourtant j'avais adoré Warcross de Marie Lu qui lui révolutionne l'intrigue YA. Une bonne lecture mais pas suffisamment explosive à mon goût!

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samedi 7 avril 2018

Les mille visages de notre histoire de Jennifer Niven

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  • Nom: Les mille visages de notre histoire de Jennifer Niven
  • Lu en: français
  • Pages: 378 pages
  • Sorti le: 8 février 2018
  • Editeur: Gallimard jeunesse
  • Fiche: présentation officielle
  • VO: paru sous le nom Holding Up the Universe le 4 octobre 2016
  • Tome Unique

Tout le monde croit connaître Libby Groby, pourtant, personne ne s'est jamais intéressé qu'à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s'est inscrite au lycée. Tout le monde croit connaître Jack Masselin : étudiant rebelle, sexy... aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux. Une histoire d'amour rédemptrice. Des ados justes et charismatiques et le courage de s'accepter tel que l'on est.

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Libby revient au lycée après avoir passé des années recluse dans une chambre d'institut spécialisé pour les adolescents obèses. Tandis que Jack Masselin est le garçon cool, sexy du lycée. Les copains de Jack s'apprêtent à faire un sale tour à Libby mais Jack, qui a le coeur juste, décide de s'interposer... à sa manière, spéciale et maladroite.

L'histoire finit mal et la proviseure oblige les deux adolescents à côtoyer un groupe de parole. Si Libby est pleine de doutes, de questions et d'angoisses concernant le regard méchant des autres qui ne voient en elle que son corps obèse, elle va apprendre à découvrir le secret de Jack qui semble charmant mais distant sans vraiment s'investir dans l'émotionnel...

J'ai dévoré ma lecture et j'ai trouvé le personnage de Jack très touchant. Je ne savais même pas que la pathologie dont il est atteint existait et dès les premières pages, j'ai été captivée. Ça se lit très vite et l'écriture est tour à tour drôle, tout en émotion et actuelle. Le point fort c'est qu'il y a beaucoup de dialogues et d'interactivité entre les personnages et dans l'alternance du récit, ce qui fait que le roman se dévore.

Grâce à une écriture enlevée et spontanée, Les mille visages de notre histoire est un roman plein de fougue et d'énergie qui a su aussi me divertir. Bon, il faut dire que Jack comme Libby ne sont pas des ados comme les autres donc leur histoire est atypique. De par les thèmes du roman, la poésie et la sensibilité de l'écriture, on se rapproche des romans de John Green avec une part importante accordée à l'adolescence, à l'amour, à la vie, au deuil, à l'obésité et aux troubles psychologiques avec des personnalités complexes, ambigües et extrêmement attachantes. 

C'est aussi l'occasion d'évoquer le poids du regard des autres, de la cruauté gratuite des ados entre eux, ces ados qui ne se font aucun cadeau. Heureusement on va comprendre très vite les motivations de Jack et saisir le pourquoi du comment de son acte. C'est de cet acte que va naître une rencontre inattendue, salvatrice à la fois pour Libby et pour Jack.

J'ai aimé le message de ce Young Adult contemporain qui est un parcours du combattant, un apprentissage difficile mais nécessaire de l'acceptation de soi. S'accepter tel qu'on est avec nos défauts physiques, nos maladies, nos désillusions, notre apparence même si cela ne plaît pas aux autres, même si ça ne leur convient pas. En fait ils vont s'aider l'un l'autre à trouver le courage de montrer ce qu'ils sont, qui ils sont. Et ça c'est plutôt un beau message.


En bref, j'ai passé un excellent moment en compagnie de Libby et Jack. C'est une histoire d'amour vraiment sympa et originale à suivre pour son côté intimiste, de celle qui pardonne tout, qui vous pousse à voir au-delà de vous-même. Une relation si charismatique, tellement réciproque et pleine de complicité, qui a su susciter en moi beaucoup d'empathie, surtout pour la pathologie de Jack qui dès le départ m'a émue. Je peux donc vous dire que Les mille visages de notre histoire m'a totalement convaincue alors que j'avais des réserves sur Tous nos jours parfaits. C'est un roman solaire, improbable et lumineux!  En tout cas, Jennifer Niven devient une auteure YA à suivre de très près. 

chronique_lael

mercredi 21 février 2018

La couleur du mensonge de Erin Beaty

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  • Nom: La couleur du mensonge de Erin Beaty 
  • Lu en: français
  • Pages: 512 pages
  • Sorti le: 22 février 2018
  • Editeur: Lumen
  • Fiche: présentation officielle
  • VO: paru sous le nom The traitor's kiss le 9 mai 2017
  • Premier tome d'une trilogie

Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s'en sortir ? Faire un beau mariage. Elle se présente donc chez une des entremetteuses chargées de l'évaluation du potentiel de chaque candidat – des femmes qui font et défont les fortunes d'une famille, d'une région, d'un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, elle échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l'observation, la marieuse fait toutefois d'elle son apprentie. Sage s'embarque donc avec un groupe de beaux partis triés sur le carreau dans un périple vers la capitale. Cette précieuse cargaison est escortée par un bataillon de soldats d'élite qui ne tardent pas à réaliser qu'ils sont sur le point de se jeter dans la gueule du loup : le pays voisin, qui prépare une invasion, s'est allié avec certains des seigneurs locaux, et chaque étape du voyage pourrait bien être la dernière. Spécialiste des missions de reconnaissance, l'un des membres de la troupe recrute alors l'aide de Sage. Mais plus elle avance dans sa mission, plus elle découvre, horrifiée, que tout le monde joue double jeu... à commencer par son recruteur lui-même ! Et, doucement, le piège se referme sur elle... Identités secrètes, machinations politiques et jeu de dupes passionné, La Couleur du mensonge fait monter les enchères jusqu'à un final surprenant.

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 J'avais repéré ce titre en VO l'année dernière pour sa très belle couverture fleurie (je suis faible!) et c'est une excellente surprise de le trouver en VF chez Lumen Editions. Alors forcément je voulais absolument le lire mais je dois vous avouer que j'ai été surprise par le rythme assez lent et "intellectuel" de l'intrigue. Ce n'est pas un roman à suspense ou même à ambiance comme je peux souvent les préférer... c'est un roman/ romance qui joue sur une intrigue d'espionnage et de quiproquos identitaires.

Tout commence lorsque Sage Fowler, 16 ans, est envoyée par son oncle chez une entremetteuse/ marieuse Maîtresse Rodelle. A Demora, ces marieuses professionnelles sont chargées de faire et défaire les unions, les alliances et les mariages arrangés au sein des plus influentes familles du royaume. Le Concordium a lieu tous les cinq ans à la capitale et Maîtresse Rodelle accompagne les élues afin d'observer les différents partis possibles pour chacune. Sage est orpheline et recueillie par son oncle qui a décidé de se débarrasser d'elle en la mariant. Mais Sage a un tempérament plutôt fougueux, indiscipliné. Intelligente, au regard aiguisé et à la langue fourchue!! Car Sage n'entend pas du tout se marier et fait tout pour échouer son entrevue avec Maîtresse Rodelle. La situation est amusante et l'entremetteuse repère vite les qualités de la jeune fille dont son sens de l'observation et de la déduction. Elle propose ainsi à Sage de devenir son apprentie marieuse...

 La Couleur du mensonge a deux intrigues principales que l'on va suivre dans une narration en alternance (Sage et Quinn) : une intrigue d'espionnage assez drôle en soi puisque Sage se fait passer pour une candidate potentielle au Concordium lors du voyage jusqu'à la capitale, afin de pouvoir observer à sa guise les allées et venues des différents membres de l'armée, différents partis dont le Capitaine Quinn. Sage va se lier d'amitié avec Ash Carter, le cocher du capitaine, qui semble être un pion insignifiant... lui-même diligenter par son capitaine pour surveiller les candidates au Concordium. C'est donc assez drôle de voir comment les uns interagissent avec les autres, sans dévoiler leur vraie identité et/ou fonctions. On est dans un jeu de dupes qui pourrait virer mal lorsque le capitaine Quinn soupçonne Sage d'être une espionne pour les Kimisars...

 D'où la deuxième intrigue que l'on suit en parallèle : une intrigue militaire et politique ou tactique étudiée par le capitaine Quinn qui voit une possible menace des Kimisars, pays limitrophe, pour la conquête du royaume de Demora. Le capitaine Quinn est chargé d'escorter les jeunes filles candidates au Concordium et de surveiller par la même occasion les différents mouvements des troupes ennemies. Ainsi on évolue dans une double intrigue d'espionnage, d'identités secrètes, de complots politiques à la Game of Thrones où chaque personnage, mauvais ou bon, jouent un double jeu.Il y a d'ailleurs à ce propos une grosse révélation vers la fin du roman (mais que j'avais deviné!!) qui bouleverse la donne sur bien des choses.

 Le roman est porté par une héroïne plutôt percutante et intelligente dont le sens de la débrouillardise, de la séduction et de la finesse lui vaudra bien de sortir de certaines déconvenues. J'ai adoré sa relation avec Ash Carter qui lui-même va faire appel à son sens de l'analyse et à ses idées pour aider l'armée demorienne. Alors si l'intrigue se tient bien et est bien ficelée, elle manque toutefois d'action mais on est dans une sorte de The Curse où l'auteure joue plus sur la stratégie de l'esprit que sur l'action. Ca fonctionne ou pas... car plus de 500 pages c'est un peu long voire trop descriptif par moments. Ce qui m'a énormément plu c'est qu'une bonne partie de l'intrigue ressemble un peu au Jeu de l'amour et du hasard, pièce de théâtre de Marivaux avec des dialogues captivants, des échiquiers mis en place et un double-jeu de masques savamment conçu. Ca c'était vraiment sympa à lire et à découvrir.


En bref, j'ai passé un bon moment de lecture grâce à cette aventure divertissante. Et je trouve que le livre paraît au bon moment, mois du carnaval!! J'ai été plus séduite par l'intrigue d'espionnage/ identité que celle militaire car pour moi l'auteure excelle dans le jeu des personnages et non dans l'action ou le suspense. Les deux rebondissements majeurs ont été très vite déduit et donc m'ont empêché d'être totalement dans la surprise. Je n'en ressors pas déçue, plutôt amusée et à m'attendant peut-être à quelque chose d'un peu plus fou. L'histoire d'amour est certes prévisible mais dans l'ensemble j'ai bien aimé et je suis curieuse de connaître la suite.

chronique_lael

samedi 17 février 2018

Girlhood de Cat Clarke

Girlhood

  • Nom: Girlhood de Cat Clarke
  • Lu en: français
  • Pages: 360 pages
  • Sorti le: 5 octobre 2017
  • Editeur: Collection R
  • Fiche: présentation officielle
  • VO: paru sous le nom Girlhood le 4 mai 2017
  • Tome Unique

L’amitié, c’est comme une allumette…… il suffit d’une étincelle pour se brûler les doigts. J’ai sombré quand ma soeur jumelle est morte, et mes amies m’ont reconstruite, morceau par morceau. Depuis, je pensais que jamais rien ne pourrait nous séparer. Jusqu’à ce que débarque cette nouvelle fille…

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 La première chose que je pourrais vous dire sur Girlhood c'est que ce n'est pas mon préféré ni le meilleur roman de l'auteure (face à Cruelles et Revanche qui m'ont marqué). Pourquoi ? Et bien on commence à saisir la spécialité de Cat Clarke c'est-à-dire le thriller adolescent qui monte en tension et révèle une finale dramatique. Bien que les thèmes abordés soient importants, j'ai ressenti moins d'intensité en lisant l'histoire de Harper, soeur jumelle de Jenna.

Jenna est décédée d'une crise cardiaque suite à sa maladie : l'anorexie. Harper vit dans la culpabilité constante car c'est elle qui a parlé de régime et lorsqu'elle a vu que chez Jenna cela prenait des proportions déraisonnables, il était déjà trop tard. Pour fuir la pesanteur et la morosité du climat familial, Harper décide d'aller en pensionnat, pour prendre en main sérieusement ses études. La vie se passe bien, elle se fait un groupe d'amies qui chacune ont la tête sur les épaules, ont une passion. Le courant passe. Puis arrive une nouvelle fille Kirsty. Entre Harper et Kirsty, tout de suite c'est l'harmonie émotionnelle. Elles se comprennent. Elles ont vécu les mêmes épreuves. Elles ont perdu une soeur et c'est comme si elles avaient besoin d'en trouver une autre. La complicité naît de leur douleur commune. Harper se confie, entame des conversations qu'elle n'a pas avec ses autres amies. C'est sincère, c'est profond... et non dénué de sentiments complexes voire affectifs. Jusqu'au moment où petit à petit, la cassure avec ses amies l'éloigne de tout ce qu'elle a vécu...

 Plusieurs thèmes sont abordés dans Girlhood : le deuil, la culpabilité, l'amitié, l'orientation sexuelle et identitaire, la jalousie,, la confiance, les rivalités, la maladie, les mensonges. Le lecteur est pris dans cette relation particulière, évoluant vers un schéma dangereux, exclusif et malsain. On sent que Kirsty n'est pas nette mais on ne sait pas de quoi il en retourne vraiment. Certes il y a donc du suspense mais le climat est beaucoup moins pesant que dans les autres romans de Cat Clarke. Si je me suis attachée au personnage de Harper, je la trouve également parfois trop immature et influençable. Cela m'a dérangé. Par contre, j'aime beaucoup le style d'adolescentes que décrit Cat Clarke : ce sont souvent des filles sérieuses, qui ont des passions, des passe-temps (musique, sport) et prennent à coeur leurs études. C'est un aspect très positif de l'adolescence. 

 Vous l'aurez compris, j'ai vu venir les ficelles de l'intrigue très vite en cernant le personnage ambigu et complexe de Kirsty mais la révélation reste tout de même poignante et déchirante. Il y a beaucoup de psychologie, si bien qu'il est impossible de lâcher le livre tellement les questions fusent, l'envie de savoir est là, entre addiction et frénésie. J'ai été bluffée, surprise par certains rebondissements et révélations qui rendent l'intrigue encore plus dramatique. J'ai beaucoup aimé ce roman pour ce côté intelligent, cette réflexion sous-jacente sur les apparences, la vraie nature de personnes que l'on croyait bien connaître et qui nous déçoivent, ce suspense captivant et divertissant et toutes ces émotions contradictoires, entières qu'il met en avant. J'ai aimé voir le processus par lequel Harper commence à voir clair dans le jeu de Kirsty.


En bref, si ce n'est pas, à mon sens, le plus abouti et le plus intense des Cat Clarke, Girlhood reste un roman YA efficace et prenant à suivre. L'écriture de Cat Clarke est sans conteste percutante, directe, franche, avec cette force de caractère qui lui est propre. A l'instar de Cruelles et Revanche, c'est que derrière son rythme efficace, addictif et cette incroyable capacité à parler de l'adolescence, il y a beaucoup de profondeur dans ses propos. La fin, bien que trop rapide, m'a bouleversée et émue.

chronique_lael